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PLACE PUBLIQUE 2026

 

Une matière-signe et des signes en actes

Une récusation de la théorie du refoulement

par Mayette Viltard

samedi 17 janvier de 9h à 16H30

à L'Agora 64, rue du Père Corentin  Paris 75014
Métro ligne 4 Porte d'Orléans, Bus 38 & 92, Tram T3a
 

  Argument

Jacques Lacan

Nous nous apercevons que ce sont précisément aux niveaux prégénitaux que nous avons à reconnaître la fonction de l'Œdipe. C'est en cela que consiste essentiellement la psychanalyse. Par conséquent, il n'y a aucune expérience œdipienne dans la psychanalyse. 21 février 68.

C'est au niveau du sujet en tant que le sujet s'est purifié, que s'est instituée l'origine de la science. Qu'au niveau de l'Autre, il n'y a jamais rien eu de plus vrai que la prophétie. C'est par contre au niveau de l'Autre que la science se totalise, c'est-à-dire que par rapport au sujet, elle s'aliène complètement. Il s'agit de savoir où peut encore au niveau du sujet résider quelque chose qui soit justement de l'ordre de la prophétie. 19 juin 1968.

[Le prophète est celui qui est l'interprète des dieux. Pour l'historien des religions, le prophète fait partie, avec le roi, le sorcier ou le prêtre, de ceux qui ont reçu le «mana», c'est-à-dire la puissance (...) certains traits de son activité l'apparentent aux devins, aux magiciens, aux derviches, aux chamanes, etc. Encyclop. univ.t.1, 31972, p.646.]

Le chemin vers la mort n’est rien d’autre que ce qui s’appelle la jouissance. 6 novembre 1969.

Les matérialistes, leur Dieu est la matière. Ce sont les seuls croyants authentiques. 20 janvier 1970.

Le savoir du maître se produit comme un savoir entièrement autonome du savoir mythique et c’est ce qu’on apelle la science. 18 février 1970.

Ce n’est pas pour rien que Moïse et le monothéisme, comme le reste de tout ce qu’écrit Freud, est absolument fascinant. Si on est un libre esprit, on peut se dire que ça n’a ni queue, ni tête. On en reparlera. Ce qu’il y a de certain, c’est que ce dont il s’agit avec les prophètes n’est pas quelque chose qui ait quoi que ce soit à faire, cette fois-ci, avec la jouissance. 11 mars 1970.

Félix Guattari
De l’efficience sémiotique :
« La libido dans Freud, dit Lacan, est une énergie susceptible d’une quantimétrie, d’autant plus aisée à introduire – en théorie – qu’elle est inutile, puisque seuls y sont reconnus certains quanta de constance ». Vous comprendrez au passage pourquoi m’intéresse beaucoup cette idée de quanta de constance. Cela nous amène en effet dans la problématique qui pour moi est celle des machines abstraites à un certain type non pas de quantification, mais de consistance. Cette expression, quanta de constance, est précisément ce à quoi je voudrais substituer la notion de consistance qui fera basculer tout le système.
[...] La fabrication d’une matière-signe...
[...] Production de foyers de subjectivation partielle...

Vertige de l’immanence:
Les phylums machiniques sont précisément la racine de la discursivité expressive, des propositions machiniques. Toute la question est de savoir si ces propositions machiniques vont rentrer dans un réductionnisme de type logiciste, ou de type informationnel, ou si au contraire il va y avoir une hétérogénèse machinique.
[...] Ce qui m’intéresse et m’inquiète en même temps, c’est le développement d’une écologie entièrement centrée sur la nature, sur la défense des espèces, donc une sorte de vision identitaire qui peut déboucher sur un conser- vatisme, sur un autoritarisme tout à fait inquiétants. Pour moi, la défense des espèces matérielles, des espèces naturelles, des espèces végétales et animales est inséparable de celle des espèces incorporelles.

L’acte psychanalytique 31 janvier 1968 (séminaire fermé)

– Félix Guattari : Quand Lacan a fondé cette école, en rupture, en coupure d'avec toute une longue tradition du mouvement psychanalytique dans un certain comportement d'évi- tement, justement, relativement à ses responsabilités, il a, pourrait-on dire, commis un acte qui pèse sur chacun d'entre nous, et, je trouve, qui pèse singulièrement dans une séance comme celle-là, avec le côté un peu affligeant d'avoir à dire en quelques mots quelque chose – sur quoi? – sur une demande précisément de Lacan ; demande de quoi? Qu'on lui renvoie l'ascenseur? demande qu'il y ait une sorte de retour, de réponse à cette question qu'il a posée quand il a dit: « je fonde, seul comme toujours… » je ne sais plus comment il l'a dit. Et je m'interroge sur la question de Lemoine. Quand Lacan a baptisé quelque chose qui procède de l'objet partiel, à son origine, il l'a baptisé l'objet a. Le fait qu'il ait pris cette première lettre de l'alphabet qui a donné du même coup un certain caractère d'inscription, de lettre, enfin l'instance de la lettre, cet acte de faire passer quelque chose qui était dans le mouvement psychanalytique dans une certaine dénomination, cet acte de création d'un nom, donc qui fait qu'il a endossé la paternité d'un certain reclassement rationnel, est quelque chose qui, en quelque sorte, nous met tous, dans cette école, dans une position transférentielle, tout particulièrement par rapport à ce qu'il faut bien reconnaître, à savoir que Lacan, d'une certaine façon, a refondé, a remis en acte la psychanalyse après Freud.
Or je pense que dans ces conditions, il y a toute une incertitude qui se manifeste dans le fonctionnement même de l'école; il en a été parlé lors d'un congrès il y a maintenant deux ans. Je ne sais pas si les choses ont été tellement reprises, s'il a été tellement tenu compte des observations, des propositions qui avaient été faites. Toujours est-il que la Société de Psychanalyse, l'école Freudienne, en quoi est-ce qu'elles constituent un répondant de cet acte de reprise du freudisme ?
Je crois que c'est un peu le piège de la séance d'aujourd'hui de savoir comment est-il pos- sible de parler après un acte ? Comment est-il possible de parler après cette responsabi- lité prise par Lacan d'une coupure et d'une refondation de la psychanalyse?
Et, ma foi, je crois que le renvoi qui nous est fait ici, dans cette séance, devrait au moins nous porter à aller plus loin qu'à la seule question de l'acte et à tourner autour de cet acte qui ressemble plus à une inhibition, qui ressemble plus à une incapacité d'aller dans l'au- delà de l'élucidation.
– Charles Melman : Que voyez-vous d'affligeant dans votre propre interrogation ?
– Félix Guattari : C'est le fait que tout ce qui se développe dans L'école Freudienne depuis, je crois, des années, n'est qu'un strict démarquage des formulations de Lacan ou alors, dans certains cas, a un certain caractère d'originalité, mais dont l'affirmation est très incertaine. Je considère que Lacan s'est engagé sur un terrain qu'il a longuement préparé à l'avance, qu'il a longuement construit, à travers toute l'histoire de la psychanalyse, et j'ai l'impression qu'il y a une sorte d'inhibition – d'ailleurs très classique dans les mécanismes de groupe – qui est celle que la plupart d'entre nous, je crois, à commencer par moi, avons, une certaine difficulté à nous mettre en acte du point de vue analytique dans les champs spécifiques qui ne sont précisément pas spécialement celui de Lacan, et pas spécialement dans le sillage de Lacan. Il y a ainsi une sorte de difficulté à parler de ce qu'est notre enga- gement dans la psychanalyse, ou plutôt de ne vouloir en parler que là où Lacan nous laisse un tout petit joint, un tout petit jeu pour pouvoir je ne sais pas trop quoi dire... Et je m'interroge très sincèrement sur ce que nous sommes en train de dire depuis le début de cette séance.

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Le matin : Un film : revoir Kubrick, encore.

L’après-midi : Exposé et débats.

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Des articles et des livres :

Alan Turing, Les machines intelligentes, inédits, Herman collection technologia, 2025. Préface de Jean Lassègue et de Giuseppe Longo.
John von Neumann, Théorie générale et logique des automates, Champ Vallon, 1998.
Gilles Châtelet, L’enchantement du virtuel, Mathématique, physique, philosophie, ed. Charles Alunni et Catherine Paoletti, éditions Rue d’Ulm.

S. Freud,
Au-delà du principe de plaisir, 1920.
Le Moi et le Ça, 1923,
L’avenir d’une illusion, 1927,
Malaise dans la civilisation, 1929.
L’homme Moïse et le monothéisme.1939.

Jacques Lacan,
L’acte psychanalytique 1967-68
D’un Autre à l’autre 1968-1969.
L’envers de la psychanalyse 1969-70.
– Radiophonie”, scilicet 2/3, 1970.

Félix Guattari,
L’inconscient machinique. Essais de schizo-analyse, Paris, Éditions recherches, 1979.
L’efficience sémiotique. Séminaire du 5 mai 1982.
Vertige de l’immanence. Refonder la production d’inconscient, 1992, Chimères n°38.


G. Deleuze et F. Guattari, Qu’est-ce que la philosophie ? Les Éditions de Minuit, 1991.

Vous trouverez les annonces sur le site de L’unebévue à www.unebevue.org.

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Inscription sur place à 9h.

Participation aux frais pour la journée : 30 euros - tarif réduit possible.

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L’unebévue revue de psychanalyse

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