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Nous commencerons par un film. Un film italien, sans moyens, sans distribution, sans DVD, juste un moment intense quand il passe dans les festivals.

 

CZ17&18

 

 

Lacan s'était donné le signifiant en faisant la part trop belle à la structure. Quatre années, voire six, pour remonter la pente de la catastrophe de Bonneval et proposer un mythe pour le vivant. Mais dès la parution de Logique du sens, Lacan déclare qu'il n'y a pas de rapport sexuel, et voilà que les trois possédés qu'il avait tenté de contenir dans leur boîte à malices font leur retour en force et envahissent ses séminaires. Le signe et ses interprétations magiques, la jouissance et sontourbillonsans bord, le corps vivant et ses rites aux dieux obscurs ...

Et ce n'est pas tout. Car la biopolitique ne s'arrête pas à la porte du cabinet du psycha­ nalyste. « Ce que je cherche, c'est à essayer de montrer comment les rapports de pou­ voir peuvent passer matériellement dans l'épaisseur même des corps sans avoir à être relayés par la représentation des sujets. Si le pouvoir atteint le corps, ce n'est pas parce qu'il a d'abord été intériorisé dans la conscience des gens. Il y a un réseau de bic-pou­ voir, de somato-pouvoir qui est lui-même un réseau à partir duquel naît la sexualité comme phénomène historique et culturel à l'intérieur duquel à la fois nous nous recon­ naissons et nous nous perdons "• déclare Foucault. Ainsi, la biopolitique caractérise une société du contrôle du vivant à l'œuvre depuis le XVlllème siècle qui vise à " ratio­ naliser les problèmes posés à la pratique gouvernementa le par les phénomènes pro­ pres à un ensemble de vivants constitués en population "·

 

La biopolitique peut se comprendre comme un principe politique de mise en ordre de tous les domaines de la vie. l'assujettissement des corps et le contrôle des popula­ tions. Elle s'appuie sur une intensification du corps, une problématisation de la santé et de ses conditions de fonctionnement ; il s'agit de nouvelles techniques pour maxi­ maliser la vie... Les organismes appartiennent à la puissance publique : on nationa­ lise les corps.

Notre vocabulaire a peut-être un temps de retard. Nous parlons de zones de réten­ tion, d'hôpital psychiatrique, d'institut médico-pédagogique, de maison de retraite, de prison, pour le migrant, le fou, !'handicapé, le vieux, le délinquant, autant de mons­ tres sociaux " nécessitant » des états d'exception. Mais peut-être nous faut-il consi­ dérer de plus près ce qui amène Agamben à envisager « le camp ,, comme ce qui caractérise aujourd'hui, notre société, le camp étant le paradigme même de l'espace politique au moment où la politique devient biopolitique. On assiste à une animalisa­ tion progressive de l'homme. Après avoir considéré l'animal comme un objet auquel il a fait subir de multiples sévices, après avoir abusé de lui au-delà des nécessités vitales, le piège se referme sur l'homme lui-même.

Voilà qui amène à d'autres considérations. Il devient impératif, pour le psychanalyste, de saisir à quelles forces obscures il ouvre la porte s'il quitte l'abri du signifiant comme étant l'alpha et l'oméga de sa pratique. Si l'on suit Foucault, « en Occident (au lieu que dans les sociétés dotées d'un art érotique, c'est l'intensification du plai­ sir qui tend à désexualiser le corps), c'est cette codification du plaisir par les lois du sexe qui a donné lieu finalement à tout le dispositif de la sexualité. Et celui-ci nous fait croire que nous nous libérons quand nous décodons tout plaisir en terme de sexe enfin découvert. Alors qu'il faut tendre plutôt à une désexualisat ion, à une économie générale du plaisir qui ne soit pas sexuellement normée "·


 

Intervenants

Michèle Duffau - Marie- France Basquin - Mayette Viltard - Marie Jardin - Françoise Jandrot - Luc Parisel - Xavier Leconte - Julio Barrera-Oro - Ninette Succab - Marie-Magdeleine Lessana - Colette Assouly-Piquet - Rosine Liénard - Anne Marie Ringenbach - Anne-Marie Vanhove - François Dachet- -Claude Mercier - Jean-Hervé Paquot

 

Bibliographie pour cette session :

Isabelle Stengers, Civiliser la modernité ? Whitehead et les ruminations du sens commun,
Les presses du réel, avril 2017

Jacques Lacan, Propos sur l’Hystérie, Bruxelles 1977, Pas-tout Lacan, site elp.
RSI, Séance de du 11 mars 1975.

Sam Bourcier, Homo Inc.orporated Le triangle et la licorne qui pète, Cambourakis, août 2017.

Tristan Tzara, Poème dadaïste, 1920, Œuvres complètes, Paris, 1975, p. 382.

Lowenhaupt Tsing, Le Champignon de la fin du monde. Sur les possibilités de vie dans les ruines du
capitalisme, trad. P. Pignarre et F. Courtois-l’Heureux, les Empêcheurs de penser en rond/ la
Découverte, 2017 Princeton University Press, 2015.

Donna Haraway, Staying with the trouble, Making Kin in the Chthulucene, Duke University Press,
2016.

L’unebévue N°35, L’asile-du-dedans, janvier 2018.

Gilles Deleuze, « La méthode de dramatisation », in L’île déserte, Minuit.

 

 

Inscriptions sur place à 9h.

Formation permanente 275€. À titre individuel 100€. Tarif réduit 50€
CLINIC ZONES 212 avenue du Maine, 75014 PARIS - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Direction et coordination : Anne Marie Ringenbach, Mayette Viltard.