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Mutations sorcières

Quand le signifiant fait signe à un signe

La Ciotat, les 1er & 2 juin 2019

Hotel du Vieux Port- Best Western 713600 La Ciotat

Samedi de  9H à 18H et dimanche de 9H30 à 16H

La modernité de l’Afrique est actuelle puisque c’est la mondialité, et le discours sorcellaire est toujours moderne parce que c’est l’idée de crise qui le charpente. La mondialité en Afrique a commencé avec la pénétration de l’Europe au XVè siècle, avec la confrontation des religions monothéistes. Le discours sorcellaire a une extraordinaire mobilité. Ce qui est généralement occulté c’est l’extrême adaptabilité des croyances, des génies, des ancêtres et leur récurrente modernité. La sorcellerie s’invente sans cesse de nouveaux glossaires, de nouveaux panthéons ou de nouvelles liturgies, brico- lant avec mythes et les objets conquérants. Nous devons mettre sur un plan non antagonique la sor- cellerie et les progrès matériels. Appartenant au même registre, celui de la domination, sorcellerie et capitalisme se sustentent mutuellement.
Patrice Yengo, Les mutations sorcières dans le bassin du Congo.

La structure du sujet dans la psychanalyse, dirons-nous que l'année dernière nous l'ayons fondée, nous avons abouti à établir une structure qui rende compte de l'état de la refente, de la Spaltung où la psychanalyse le repère dans sa praxis.
Je pose que toute tentative, voire tentation où la théorie courante ne cesse d'être relaxe d'incarner plus avant le sujet est d'errance toujours plus féconde en erreurs et comme telle fautive, ainsi de l'incarner dans l'homme lequel y revient à l'enfant, sur cet homme y sera le primitif, ce qui faussera tout du processus primaire, de même que l'enfant y jouera le sous-développé ce qui masquera la vérité de ce qui se passe lors de l'enfance d'originel, bref ce que Claude Lévi-Strauss a dénoncé comme l'illusion archaïque est inévitable dans la psychanalyse si on n'y tient pas ferme en théorie sur le principe que nous avons à l'instant énoncé qu'un seul sujet y est reçu comme tel, celui qui peut la faire scientifique.
Qu'on se souvienne de nos formules différenciant le signifiant et le signe.
Lacan, L’objet de la psychanalyse, 1ère séance,1965

Mais, plus tard, en 1973…

En quoi il a ceci de lacanien, notre cher Freud… Le rapport de l'homme au langage, lequel ne peut se... simplement, s'attaquer que sur la base de ceci : que le signifiant c'est un signe, qui ne s'adresse qu'à un autre signe; que le signifiant, c'est ce qui fait signe à un signe, et que c'est pour ça que c'est le signifiant. Ça n'a rien à faire avec la communication à quelqu'un d'autre, ça détermine un sujet, ça a pour effet un sujet. Et le sujet, c'est bien assez qu'il soit déterminé par ça, en tant que sujet, à savoir qu'il surgisse de quelque chose qui ne peut avoir sa justification qu'ailleurs. À ceci près que dans le rêve, on la voit, à savoir que l'opération du chiffrage, c'est fait pour la jouissance. À savoir que les choses sont faites pour que dans le chiffrage on y gagne ce quelque chose qui est l'essentiel du processus primaire, à savoir un Lustgewinn.
Lacan, Les non-dupes errent, 2ème séance, 20 novembre 1973.

Selon le « triangle peircien » – signe, objet, interprétant – toute signification est une relation triadique, jamais une relation entre un signe et ce que le signe signifie. Le processus sémiotique est donc d’abord une relation à trois termes : un signe est une chose reliée sous un certain aspect à un second signe, son objet, de telle manière qu’il mette en relation une troisième chose, son interprétant, avec ce même objet, et ainsi de suite ad infinitum. L’interprétant n’est jamais qu’un « quasi-esprit » puisqu’il n’est qu’un signe parmi les autres.
À la « salade cartésienne » (comme Peirce l’appelle), qui offrait une image erronée de la connaissance théorie qui pourrait être absolument démontrée ne serait pas une théorie scientifique. Le faillibilisme reste donc la seule position théorique rationnelle : tout dans la science montre que la science n’est que probable et nonnécessaire. Trois choses sont impossibles à atteindre par le raisonnement : la certitude, l’exactitude,l’universalité absolues.
Claudine Tiercelin, Peirce et le pragmatisme, 1993.
Le fait que l’argent, dans certaines de ses fonctions, peut être remplacé par de simples signes de lui-même a fait naître cette autre erreur, qu’il n’est qu’un simple signe. D’un autre côté, il est vrai,cette erreur faisait pressentir que sous l’apparence d’un objet extérieur, la monnaie déguise en réalité un rapport social. Dans ce sens toute marchandise serait un signe, parce qu’elle n’est valeur que comme enveloppe matérielle du travail humain dépensé dans la production. Mais dès qu’on ne voit plus que de simples signes dans les caractères sociaux que revêtent les choses, ou dans les caractères matériels que revêtent les déterminations sociales du travail sur la base d’un
mode particulier de production, on leur prête le sens de fictions conventionnelles, sanctionnées par le soi disant consentement universel des hommes.
Marx, Le capital Livre I, Folio Essais.

Je fais retourner ici l’Imaginaire à son accent de sens. La consistance pour le parlêtre, pour l’êtreparlant,c’est ce qui se fabrique, ce qui s’invente. Et c’est bien en quoi je crois que j’avance quelque chose qui, aux analystes qui m’écoutent, peut être utile dans leur pratique. C’est qu’ils sachent que ce qu’ils tressent, que ce qu’ils tressent d’Imaginaire, n’en ek-siste pas moins. Que cette ek-sistence, c’est ce qui répond au Réel. […] Il s’agit seulement [dans l’analyse] de rendre compte de ce qui ek-siste comme interprétation. […] Qu’est-ce que veut dire qu’il ek-siste une construction dont il faut bien que la consistance ne soit pas imaginaire ? Il n’y a qu’une seule condition qui est tout à fait lisible, lisible au tableau noir, il faut pour ça qu’elle ait un trou.
Lacan, RSI, 11 février 1975.

Dès qu’il y a sujet et usage du signifiant, il y a usage de l’entre-je, c’est-à-dire du sujet interposé. Cette immixtion des sujets est l’un des éléments les plus manifestes du rêve de l’injection faite à Irma. L’immixtion des sujets, n’est-ce précisément là ce qui nous apparaît dans le délire ? C’est là un trait si essentiel à toute relation intersubjective qu’on peut dire qu’il n’y a pas de langue qui ne comporte de tournures grammaticales tout à fait spéciales pour l’indiquer.
Lacan, Les psychoses, 1956.

Je mets un manteau terminologique quand j’écris, comme un migrant qui aurait besoin d’un manteau chaud pour passer l’hiver de ce que certains appellent « hospitalité » et qui n’est que la négociation (plus ou moins violente) de la frontière. Cette prolifération de nouveaux termes critiques est essentielle : elle agit comme un solvant sur les langages normatifs, comme un antidote aux catégories dominantes. D’une part, il est impératif de se démarquer des langages scientifiques, techniques, commerciaux et juridiques dominants qui constituent le squelette cognitif de l’épistémologie de la différence sexuelle et du capitalisme techno-patriarcal. D’autre part, il est urgent d’inventer une nouvelle grammaire permettant d’imaginer une autre organisation sociale des formes de vie. Dans la première tâche la philosophie agit, à la suite de Nietzsche, comme un marteau critique. Dans la seconde, plus proche de Monique Wittig, Ursula Le Guin, Donna Haraway, Kathy Acker ou Virginie Despentes, la philosophie devient une écriture politique expérimentale qui cherche à imaginer un monde. Les deux langues sont des stratégies transfrontalières.
Paul B. Preciado, Un appartement sur Uranus, Grasset, mars 2019.

 

Intervenants

Michèle  Duffau  -  Mayette  Viltard - Marie  Jardin   -   Françoise  Jandrot   -   Luc  Parisel - Xavier  Leconte   -  Julio  Barrera- Oro   -  Ninette  Succab - Marie- Magdeleine  Lessana  -  Colette  Assouly- Piquet  -  Rosine  Liénard -  Anne  Marie Ringenbach  -  Anne- Marie  Vanhove  -  François  Dachet - Claude  Mercier  -  Jean- Hervé  Paquot

 

Petie bibliographie pour cette session :

 

Patrice YENGO, Les mutations sorcières dans le bassin du Congo. Du ventre et de sa politique, Paris, 2016,
Ed Karthala.
Silvia Federici, Caliban et la sorcières. Femmes, corps et accumulation primitive, Entremonde, 2014.
David Abram, Comment la terre s'est tue. Pour une écologie des sens, La Découverte, 2013.
Paul B. Preciado, Un appartement sur Uranus, Grasset, 2019.
Michel Foucault, Sécurité, Territoire, Population, Seuil/Gallimard, 2004 cours du 11,18 et 25 janvier 1978
Donna Haraway, Jeux de ficelles avec les espèces compagnes: rester avec le trouble, in Les animaux: deux
ou trois choses que nous savons d'eux, Hermann, 2014.
Habiter le trouble avec Donna Haraway, editions Dehors, mai 2019.
Claudine Tiercelin, Peirce et le pragmatisme, PUF, 1993.
Charles S. Peirce, Écrits sur le signe, Paris, Seuil, Points-Essais, 2017
Ferdinand de Saussure, Cours de linguistique générale, Paris, Payot, 1976.
Damourette et Pichon, Des mots à la pensée, vol. 5, chap. 28.
Lacan, Science et vérité, 1965, in L’objet de la psychanalyse, 1ére séance.
Les non-dupes errent, 1973-74
RSI, 1974-75
Marx, Le capital, Livre I, folio, essais.
Gilles Deleuze et Félix Guattari. L'anti-OEdipe. Capitalisme et schizophrénie, Ed. de minuit. (chapitre 3)

 

Inscriptions sur place à 9h.

Formation permanente 275€. À titre individuel 100€. Tarif réduit 50€
CLINIC ZONES 212 avenue du Maine, 75014 PARIS - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Direction et coordination : Anne Marie Ringenbach, Mayette Viltard.

 

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Encorporer corporiser embodire...

Les 2 et 3 février 2019

au Goethe Institut, 4 bis rue Clémence Isaure, Toulouse.

Samedi de  9H à 18H et dimanche de 9H30 à 16H

 

 Argument

Nous verrons un film, le samedi matin, pour commencer cette session. Ensuite, nous continuerons nos tentatives de problématiser quelques « nœuds de signes » d’aujourd’hui…

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Toujours et encore, l’inépuisable grande trouvaille politico-thérapeuto-esthétique de Willimam Burroughs, comme il disait, le cut-up. Burroughs écrit dans « La génération invisible » : la libération psychologique sera obtenue dès que vous couperez les lignes des mots et les blocs d’associations contrôlés. Le cut-up était plus qu’une simple technique littéraire. Les cut-up en coupant directement dans la syntaxe normale, en fracturant les schémas attendus et en révélant un nouveau réseau de rapports et de sens, exerçaient un pouvoir de décondition- nement. Burroughs croyait que, par le truchement du hasard, des messages venus de l’inconscient ou même d’ailleurs – l’espace, l’au-delà – se révélaient. Comme le dit Norse, en découpant un texte, « une voix qui n’est pas la vôtre sort. Les mots ne sont pas vos mots. Ils sont les mots de tout le monde. Ce sont des mots qui appartiennent et proviennent de tout le monde… »

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Ce que nous fabrique la Cour européenne, c’est l’homme rêvé par le marché. De nouveaux principes sont introduits par les lois bioéthiques du 29/08/1994. Depuis ces lois, le Code civil énonce en effet que le "corps humain, ses élé- ments et ses produits ne peuvent faire l'objet d'un droit patrimonial". Il réaffirme en outre, pour le cas particulier des contrats, que "les conventions
ayant pour effet de conférer une valeur patrimoniale au corps humain, à ses éléments ou à ses produits sont nulles. Certains soutiennent alors que seule la marchandisa- tion du corps humain serait expressément interdite mais, non pas a contrario, la possibilité de disposer son corps à titre gratuit.

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L’espace ouvert par le débat bioéthique a été investi par certains courants conservateurs qui au nom du « respect de la dignité humaine » et de la « non patrimonialité du corps » ne font que réactualiser la vieille hostilité canonique envers la libre disposition de soi. Selon la théologie catholique, le corps est à la fois l’expression du péché originel mais également l’instrument de l’âme au ser- vice de Dieu. Le corps n’appartient pas au chrétien. Il est le temple de Dieu. Il n’appartient pas non plus au citoyen, il est le temple de la Puissance publique… Les lois de bioéthique sont là pour nous le rappeler. L’État (à travers ses agents: médecins, psychiatres, assistantes sociales, etc.) impose une conception univoque de l’humain et de ce qui est digne ou indigne pour nous. Le champ d’intervention publique apparaît aujourd’hui sous diverses formes et se manifeste notamment par la restriction à l’accès aux techniques reproductives
et dans les règles relatives au don d’organes, à l’information génétique et la connaissance des origines, au changement de sexe, à l’euthanasie et à la disposition du cadavre.

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On croyait que dans la relation « médecin-malade », il y avait deux corps au moins en présence. Eh bien non ! Grave erreur disciplinaire ! Nous sommes passés de la télésurveillance à la télémédecine, comment situer l’événement ?

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La vie se pose toujours sur le fond d’une catastrophe qui a déjà eu lieu. Il n’y a pas de vie qui ne repose sur la vie d’un autre nous dit Donna Haraway. Je ne suis pas un humain, je suis un zoo composé de débris de vies passées qu’elles soient animales, végétales, humaines. Notre identité est un patch-work qui vient d’autres formes de vie. La nature est un lieu de crime ; nous ne pouvons survivre
sans tuer d’autres êtres vivants. Pour continuer la réflexion commencée avec le livre d’Anna Lowenhaupt Tsing : le champignon de la fin du monde, il faudrait comprendre comment les pins, les matsutakes et les humains se cultivent tous les uns les autres de manière involontaire, comment ils rendent possibles pour chacun d’entre eux des projets de fabrication d’un monde, sur le mode d’une « mise en forme involontaire ». Des perturbations se produisent : des patchs de paysage émergent de ces perturbations.

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Freud psychologie des masses et analyse du moi, dernière note du chapitre L’identification : « L’étude de telles identifications, comme celles par exemple, qui sont à la base de la communauté de clan, a fourni a Robertson Smith ce résultat surprenant qu’elles reposent sur la reconnaissance d’une substance commune (Kinship and Marriage, 1885) et que, de ce fait elles peuvent également être créées par un repas pris en commun ».

 

Quelques lectures :

- Tim Ingold

    Une brève histoire des lignes, 2007 Traduit de l’anglais par Sophie Renaut, 2011, Bruxelles, Zones sensibles.

- Emanuele Coccia

    La vie des plantes Bibliothèque Rivage.

- Donna J. Haraway,

    Staying with the trouble, internet
    The Camille stories, children of compost, internet
    Savoirs situés : question de la science dans le féminisme et le privilège de la perspective partielle

- Anna Lowenhaupt Tsing,

    Le champignon de la fin du monde, Les empêcheurs de penser en rond. La découverte.

- William S. Burroughs

    Révolution Électronique, Éditions Allia, 2017.
    Lettres de Tanger à Allen Ginsberg, Christian Bourgeois, 1990.
    Interzone, Christian Bourgeois éditeur, 1991

- Deleuze, Gilles,

    Pourparlers, Les éditions de Minuit, 1990/2003

- Lebel, Jean Jacques,

    Poésie Directe, Opus International Edition, Paris 1994

- Miles, Barry

    Beat Hotel, Le mot et le Reste, 2011
    Paris Rewiew, Les entretiens, Christian Bourgeois éditeur, 2010

- Muriel Fabre-Magnan

    L’institution de la liberté, PUF, 2018.

- Daniel Borillo,

    Bioéthique, Dalloz, 2011.

- Michel Foucault

    Le corps utopique, 1966, Dits et écrits.
    Surveiller et punir
    Naissance de la biopolitique

- Freud

    Psychologie des masses et analyse du moi, l’identification.

- Félix Guattari

    Chaosmose, Galilée.
    « D’un signe à l’autre » in Psychanalyse et transversalité, 1972.

- Lacan

    L’insu que sait de l’Unebévue s’aile à mourre

 

 

Intervenants

Michèle Duffau - Marie-France Basquin
Mayette Viltard - Françoise Jandrot
Luc Parisel - Xavier Leconte - Marie-Magdeleine Lessana -
Rosine Liénard - Julio Barrera-Oro - Anne Marie Ringenbach
Anne-Marie Vanhove - François Dachet
Ninette Succab - Claude Mercier
Jean-Hervé Paquot - Colette Piquet-Assouly

 

Inscriptions sur place à 9h.

Formation permanente 275€. À titre individuel 100€. Tarif réduit 50€
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Direction et coordination : Anne Marie Ringenbach, Mayette Viltard.