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Encorporer corporiser embodire...

Les 2 et 3 février 2019

au Goethe Institut, 4 bis rue Clémence Isaure, Toulouse.

Samedi de  9H à 18H et dimanche de 9H30 à 16H

 

 Argument

Nous verrons un film, le samedi matin, pour commencer cette session. Ensuite, nous continuerons nos tentatives de problématiser quelques « nœuds de signes » d’aujourd’hui…

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Toujours et encore, l’inépuisable grande trouvaille politico-thérapeuto-esthétique de Willimam Burroughs, comme il disait, le cut-up. Burroughs écrit dans « La génération invisible » : la libération psychologique sera obtenue dès que vous couperez les lignes des mots et les blocs d’associations contrôlés. Le cut-up était plus qu’une simple technique littéraire. Les cut-up en coupant directement dans la syntaxe normale, en fracturant les schémas attendus et en révélant un nouveau réseau de rapports et de sens, exerçaient un pouvoir de décondition- nement. Burroughs croyait que, par le truchement du hasard, des messages venus de l’inconscient ou même d’ailleurs – l’espace, l’au-delà – se révélaient. Comme le dit Norse, en découpant un texte, « une voix qui n’est pas la vôtre sort. Les mots ne sont pas vos mots. Ils sont les mots de tout le monde. Ce sont des mots qui appartiennent et proviennent de tout le monde… »

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Ce que nous fabrique la Cour européenne, c’est l’homme rêvé par le marché. De nouveaux principes sont introduits par les lois bioéthiques du 29/08/1994. Depuis ces lois, le Code civil énonce en effet que le "corps humain, ses élé- ments et ses produits ne peuvent faire l'objet d'un droit patrimonial". Il réaffirme en outre, pour le cas particulier des contrats, que "les conventions
ayant pour effet de conférer une valeur patrimoniale au corps humain, à ses éléments ou à ses produits sont nulles. Certains soutiennent alors que seule la marchandisa- tion du corps humain serait expressément interdite mais, non pas a contrario, la possibilité de disposer son corps à titre gratuit.

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L’espace ouvert par le débat bioéthique a été investi par certains courants conservateurs qui au nom du « respect de la dignité humaine » et de la « non patrimonialité du corps » ne font que réactualiser la vieille hostilité canonique envers la libre disposition de soi. Selon la théologie catholique, le corps est à la fois l’expression du péché originel mais également l’instrument de l’âme au ser- vice de Dieu. Le corps n’appartient pas au chrétien. Il est le temple de Dieu. Il n’appartient pas non plus au citoyen, il est le temple de la Puissance publique… Les lois de bioéthique sont là pour nous le rappeler. L’État (à travers ses agents: médecins, psychiatres, assistantes sociales, etc.) impose une conception univoque de l’humain et de ce qui est digne ou indigne pour nous. Le champ d’intervention publique apparaît aujourd’hui sous diverses formes et se manifeste notamment par la restriction à l’accès aux techniques reproductives
et dans les règles relatives au don d’organes, à l’information génétique et la connaissance des origines, au changement de sexe, à l’euthanasie et à la disposition du cadavre.

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On croyait que dans la relation « médecin-malade », il y avait deux corps au moins en présence. Eh bien non ! Grave erreur disciplinaire ! Nous sommes passés de la télésurveillance à la télémédecine, comment situer l’événement ?

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La vie se pose toujours sur le fond d’une catastrophe qui a déjà eu lieu. Il n’y a pas de vie qui ne repose sur la vie d’un autre nous dit Donna Haraway. Je ne suis pas un humain, je suis un zoo composé de débris de vies passées qu’elles soient animales, végétales, humaines. Notre identité est un patch-work qui vient d’autres formes de vie. La nature est un lieu de crime ; nous ne pouvons survivre
sans tuer d’autres êtres vivants. Pour continuer la réflexion commencée avec le livre d’Anna Lowenhaupt Tsing : le champignon de la fin du monde, il faudrait comprendre comment les pins, les matsutakes et les humains se cultivent tous les uns les autres de manière involontaire, comment ils rendent possibles pour chacun d’entre eux des projets de fabrication d’un monde, sur le mode d’une « mise en forme involontaire ». Des perturbations se produisent : des patchs de paysage émergent de ces perturbations.

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Freud psychologie des masses et analyse du moi, dernière note du chapitre L’identification : « L’étude de telles identifications, comme celles par exemple, qui sont à la base de la communauté de clan, a fourni a Robertson Smith ce résultat surprenant qu’elles reposent sur la reconnaissance d’une substance commune (Kinship and Marriage, 1885) et que, de ce fait elles peuvent également être créées par un repas pris en commun ».

 

Quelques lectures :

- Tim Ingold

    Une brève histoire des lignes, 2007 Traduit de l’anglais par Sophie Renaut, 2011, Bruxelles, Zones sensibles.

- Emanuele Coccia

    La vie des plantes Bibliothèque Rivage.

- Donna J. Haraway,

    Staying with the trouble, internet
    The Camille stories, children of compost, internet
    Savoirs situés : question de la science dans le féminisme et le privilège de la perspective partielle

- Anna Lowenhaupt Tsing,

    Le champignon de la fin du monde, Les empêcheurs de penser en rond. La découverte.

- William S. Burroughs

    Révolution Électronique, Éditions Allia, 2017.
    Lettres de Tanger à Allen Ginsberg, Christian Bourgeois, 1990.
    Interzone, Christian Bourgeois éditeur, 1991

- Deleuze, Gilles,

    Pourparlers, Les éditions de Minuit, 1990/2003

- Lebel, Jean Jacques,

    Poésie Directe, Opus International Edition, Paris 1994

- Miles, Barry

    Beat Hotel, Le mot et le Reste, 2011
    Paris Rewiew, Les entretiens, Christian Bourgeois éditeur, 2010

- Muriel Fabre-Magnan

    L’institution de la liberté, PUF, 2018.

- Daniel Borillo,

    Bioéthique, Dalloz, 2011.

- Michel Foucault

    Le corps utopique, 1966, Dits et écrits.
    Surveiller et punir
    Naissance de la biopolitique

- Freud

    Psychologie des masses et analyse du moi, l’identification.

- Félix Guattari

    Chaosmose, Galilée.
    « D’un signe à l’autre » in Psychanalyse et transversalité, 1972.

- Lacan

    L’insu que sait de l’Unebévue s’aile à mourre

 

 

Intervenants

Michèle Duffau - Marie-France Basquin
Mayette Viltard - Françoise Jandrot
Luc Parisel - Xavier Leconte - Marie-Magdeleine Lessana -
Rosine Liénard - Julio Barrera-Oro - Anne Marie Ringenbach
Anne-Marie Vanhove - François Dachet
Ninette Succab - Claude Mercier
Jean-Hervé Paquot - Colette Piquet-Assouly

 

Inscriptions sur place à 9h.

Formation permanente 275€. À titre individuel 100€. Tarif réduit 50€
CLINIC ZONES 212 avenue du Maine, 75014 PARIS - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Direction et coordination : Anne Marie Ringenbach, Mayette Viltard.