560150bw.png

bar 150

L'exploitation du désir. c'est la grande invention du discours capitaliste, parce qu'il faut l'appeler quand même par son nom. Ça, je dois dire,c'est un truc vachement réussi.
Lacan, 4 février 1973, Milan.

 

 

L'étude des ritournelles mérite une attention par­ticulière car il semble en effet que leur entrée dans les agencements animaux et humains déjouent systématiquement les oppositions rigides entre l'acquis et l'inné, entre un détermi­nisme biologique rigoureux et une liberté d'inven­tion. Ce qui compte dans ces cristallsations de comportement semble être moins de nature intrinsèque chacune de leurs composantes hor­monales, perceptives, écologiques, sociales, que les dispositifs spatiaux et rythmiques qu'elles engendrent et à partir desquels des stratégies diagrammatiques. des tactiques de stratification permettent de créer des échangeurs, de lancer des ponts sémiotiques entre des univers paral­lèles qui ne semblaient jamais devoir communi­quer ensemble.
Guattari, L'inconscient machinique, p. 127-28.

 

 

"Cesse de ne pas s'écrire",c'est là notre chance, c'est dans la contingence, c'est dans - je ne dirai pas ce particulier-ce singulier de toute observation, et c'est en cela que je me félicite que dans les groupes, chacun parle et apporte son expérience, c'est là que peut se faire ce qui ne se conçoit dans notre idée du réel qu'en termes d'une cristallisation, c'est là que peuvent se produire les points-nœuds, les points de précipitation qui feraient que le dis­cours analytique ait enfin son fruit.
Lacan, La Grande Motte, V/°Congrès de l'EFP.

A la limite, l'imaginaire est une image virtuelle qui s'ac­cole à l'objet réel, et inversement, pour constituer un cristal d'inconscient. Il ne suffit pas que l'objet réel, le paysage réel évoque des images semblables, voi­sines ; il faut qu'il dégage sa propre image virtuelle, en même temps que celle-ci, comme paysage imaginai­re, s'engage dansle réel, suivant un circuit où chacun des deux termes poursuit l'autre, s'échange avec l'autre. La • vision • est faite de ce dédoublement, cette coalescence. C'est dans les cristaux d'inconscient que se voient les trajectoires de la libido.
Glles Deleuze, Critique et clinique, Ce que les enfants disent p.83.

 

En quoi instaurer se distingue+il de fonder ? Le fon­dement préexiste en droit à l'acte qui pourtant le pose ; il est extérieur ou supérieur à ce qui'l fonde tandis que l'instauration est immanente à ce qu'elle instaure . L'instauration ne se soutient que de son propre geste, rien nelui préexiste,- d'où la phiosophie des "gestes" de Souriau. Autrement dit, fonder,c'est faire préexis­ter, tandis qu'instaurer, c'est faire exister d'une certai­ne manière - chaque fois (ré)inventée.
David Lapoujade, Les existences moindres, p. 71.

 

Ce qui est entretenu par les structures politiques, éta­tiques mises en question, politiques de Santé et com­pagnie, c'est la logique binaire. Les évaluations, les accréditations, toutes ces âneries qui sont pourtant très graves comme système de pression. Et ça, plus c'est stéréotypé, mieux c'est ! Plus c'est homogène, plus tu es dans la ligne, c'est-à-dire en fin de compte tout le contraire de ce qu'on avait essayé de mettre en place dans cette soi-disant psychothérapie instution­nelle : l'hétérogénéité, la disparité, le hasard.
Jean Oury. 15 octobre 2004

 

 

La menthe à l'eau


Place publique et menthe à l'eau furent à la source de ce que, à partir des années cinquante, on a appelé le courant de psychothérapie institutionnelle, et dont Jean Oury et Félix Guattari, avec d'autres,ont été les chevilles ouvrières. La menthe à l'eau est une métho­de schizo, une surface d'accrochage , un langage de reconstruction sémantique, avec des signifiants pris au hasard des rencontres, au lieu d'aller les chercher dans les livres ou dans la bibliothèque de Sainte­ Anne. Des bouts de discours. tenus par les uns et les autres, qui s'entrechoquent dans un hasard objectif. La méthode freudienne, dans la psychanalyse en France, est ainsi placée dans ses plus étroits rapports avec la pratique poétique.